HISTOIRE DE DELUZ

 

 

VOUS AVEZ DIT "DELUZ" ?

 

Jusqu'en 1250, vous auriez dit "Delu", en 1275 "Delui" et depuis la fin du 14ème siècle "Deluz".

L'étymologie la plus appropriée est empruntée à la langue celtique. La préposition « de » en celtique signifie « près »  et « luz » est traduit par « eaux », donnant très exactement Deluz : près des eaux.

 

 

 

UNE HISTOIRE TRES ANCIENNE ...

Le site de Deluz semble avoir été occupé depuis l'antiquité : des grands travaux de terrassement effectués au 19ème siècle ont mis au jour une voie antique, des sépultures gallo-romaines. Un cimetière sans doute mérovingien est découvert en 1820.

La plus ancienne mention écrite du village est un acte de 1239.  

Durant la révolution, la commune s'impose comme un foyer de résistance à la république en accueillant de nombreux prêtres réfractaires.

Au cours du 19ème siècle, la morphologie du village change considérablement : en 1820, le canal du Rhône au Rhin est creusé, vers 1850 vient la construction du chemin de fer.

En 1875 la famille Outhenin-Chalandre fonde l’usine de papier qui développera considérablement Deluz. 

 
Depuis 1977 et la fermeture de l’usine, Deluz se présente comme un village où il fait bon vivre, même si les habitants le transforment peu à peu en grande banlieue de Besançon.
 
 
 
 
DEMOGRAPHIE  

 

ANNEES/HABITANTS
1614 1657 1688 1744 1790 1805 1826 1851 1876 1901 1926 1954 1975 1982 1999 2006
200 86 101 250 365 385 360 441 787 1023 816 641 562 706 693 660

 

 
 
 
L'EGLISE  
    
L'ancienne église de Deluz tombant en ruine, il est décidé en 1734 d'en construire une nouvelle, qui sera achevée en 1746. Son architecture, avec clocher-porche, est inovante pour la région.

L'église mesure 27,7 m de long pour 17,9 m de large. La nef carrée comporte une allée centrale et deux travées latérales. Le coeur est prolongé par une abside à trois pans, flanquée de deux sacristies. La décoration intérieure est de style corinthien. Les murs, comme le mobilier, sont inscits aux monuments historiques depuis 1988.

L'intérieur de l'église et le clocher ont été rénovés entre 1982 et 1986, la toiture tout dernièrement.

 

 

 
 
 
 
LE DOUBS ET LE CANAL 

Au début du 19ème siècle, la voie d'eau constitue le moyen de transport majeur pour les voyageurs comme pour les marchandises. Or, le Doubs est difficilement navigable, les périodes de sécheresse alternant avec les périodes de crues. Une idée s'impose : creuser un canal latéral qui régularisera le débit. 

Les travaux commencent en 1820.  

Cette voie navigable, latérale au Doubs, inaugurée par des bateaux à vapeur, sert encore aujourd'hui et, l'été, nombre de péniches, de house-boats ou de yachts le fréquentent.

Le canal a fait grand bruit au cours des années 1980-1990 lorsqu'il a été question de le transformer en canal « à grand gabarit ». Il serait devenu une « autoroute fluviale », reliant au final Rotterdam à Marseille. Pour les deluziens, voir la largeur de son canal multipliée par deux, avec des remblais de 10 mètres sur chaque rive n'était pas une perspective très enthousiasmante. De nombreuses manifestations ont eu lieu puis le projet a été abandonné.

 

 

LA VOIE FERREE

L'âge industriel exige le développement des moyens de transport, en particulier des voies ferrées, et la vallée du Doubs se trouve sur la ligne d'échanges commerciaux entre Besançon et Belfort. L'immense chantier ferroviaire débute au début des années 1850. le village s'en trouve désorganisé, la voie ferrée le coupant en deux. Trois ponts sont construits, seulement une maison sera partiellement démolie.

De nos jours la voie ferrée constitue un axe majeur sur lequel circulent quotidiennement de nombreux TER, des trains de marchandises ainsi que le TGV Strasbourg-Marseille.

 

 

 

LES MINES DE FER : EXPERIENCE SANS LENDEMAIN

Au début des années 1850 les ressources minières de Deluz attirent un industriel Haut-Saônois, qui reçoit l'accord pour exploiter une mine de fer. Le minerai alimente deux hauts fourneaux, en Côte d'Or et en Haute-Saône. Rapidement le volume extrait s'impose comme relativement faible et la mine voit son exploitation cesser en 1878.

 

 

LA CHAPELLE DE MONTOILLE      

Le 19 juillet 1870 la France déclare la guerre à la Prusse.

48 jeunes Deluziens et 20 jeunes de Laissey sont appelés sous les drapeaux.  En cette journée du 1er Novembre 1870, l'abbé Manet et ses paroissiens font le voeu de construire une chapelle si les habitants des deux communes mobilisés ou non sont protégés de la guerre par la vierge.

L'ennemi se rapproche, Baume les Dames, Roulans et Quingey sont pris. Paris capitule le 25 janvier 1871. Les deux villages ne subissent aucun dégat et tous les mobilisés reviennent sains et saufs.

L'abbé Manet n'oublie pas son voeu et le 12 Août 1871, il écrit à son archevéque le cardinal Mathieu, qui lui donne carte blanche dés le 14 Août, pour la réalisation de l'édifice. Le 7 Novembre la municipalité fait la concession d'un terrain. La premiére pierre est posée le 28 Octobre 1872.

Durant l'année 1873, tous les corps de métiers et les paroissiens se mirent à l'ouvrage pour construire la chapelle. La presse régionale et religieuse s'empare de l'événement.

Les 17 et 18 Octobre 1874 furent inoubliables. Monseigneur Lechat baptise la cloche le 17 et la chapelle est consacrée 18 en présence de nombreux paroissiens.

La chapelle a été restaurée en 1936 et en1970. Aujourd'hui, et pour longtemps encore, Notre-Dame-de-Montoille veille sur le village.

Un pèlerinage y est organisé chaque année, le 2ème dimanche de juillet.

 

LA PAPETERIE : COEUR DU VILLAGE PENDANT UN SIECLE 

En 1875, Deluz se transforme en un immense chantier dédié à la construction d'une usine de fabrication de papier et de logements pour les ouvriers. Très vite la population double.

L'usine tourne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Le "paternalisme social" appliqué par la direction, fidélise les ouvriers qui bénéficient de loyers modérés, garderie pour les enfants, soins médicaux et pharmaceutiques, caisses de secours mutuels, retraites et même d'une coopérative de consommation.

Le papier fabriqué à Deluz est d'excellente qualité et la production tournée vers le vélin de luxe.

En 1977, la papeterie ferme, victime du modernisme des usines concurrentes.

Courant 2007-2008, le bâtiment principal a été rénové extérieurement, dans un souci de préservation historique.

En mai 2009, la grande cheminée de l'usine, menaçant de s'effondrer a été "raccourcie" de quelques mètres ...

 

 

 

Textes rédigés à l'aide de l'opuscule "Deluz", de Madame Sylvaine Barassi et Monsieur Philippe Varey. Je les remercie de m'avoir autorisée à utiliser leurs connaissances historiques.

 

 

 

 

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